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Conformité textile France 2026 : interdiction PFAS, REP et coût environnemental

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Irina Aguiar13 min de lecture

Vous vendez des textiles en France ? Trois règles s'appliquent : l'interdiction des PFAS (2026), la REP textile Refashion, et le coût environnemental — ce qu'elles imposent et à quelle échéance.

Les marques qui vendent des textiles en France doivent respecter trois règles nationales qui s'ajoutent au socle européen : l'interdiction des PFAS dans les vêtements et chaussures (en vigueur depuis le 1er janvier 2026), la REP textile obligatoire via la filière Refashion, et le coût environnemental. Ces trois obligations s'imposent aux importateurs et aux vendeurs étrangers au même titre qu'aux entreprises françaises — le critère déclencheur est la mise sur le marché français, non le lieu d'établissement.

Les règles textiles françaises en un coup d'œil

RègleStatutQui est concernéDate cléÀ faire
Interdiction des PFASEn vigueurToute personne mettant des vêtements/chaussures sur le marché français1er janvier 2026 (tous textiles en 2030)Obtenir des déclarations présence/absence de PFAS auprès des fournisseurs
REP textile (Refashion)Opérationnelle depuis 2007Tous les producteurs, importateurs, vendeursDéjà obligatoireS'enregistrer auprès de Refashion ; apposer le logo Triman + la consigne de tri Refashion
Coût environnementalVolontaire à calculerProducteurs/importateurs/distributeurs de vêtementsAuto-publication depuis oct. 2025 ; publication par des tiers à partir du 1er oct. 2026Calculer son score avant qu'un tiers ne le fasse
Divulgation AGEC sur la chaîne d'approvisionnementEn vigueurToute personne mettant des textiles sur le marché françaisDéjà obligatoireIndiquer le pays de tissage/tricotage, de teinture/impression et de confection

Qu'est-ce que l'interdiction française des PFAS dans les textiles ?

La loi PFAS (Loi 2025-188 du 27 février 2025) et son décret d'application (Décret 2025-1376 du 28 décembre 2025) interdisent la fabrication, l'importation et la vente de vêtements, chaussures et traitements hydrofuges contenant des PFAS — ces « polluants éternels » utilisés pour la résistance aux taches, à l'eau et aux graisses. L'interdiction est en vigueur depuis le 1er janvier 2026.

Les PFAS — substances per- et polyfluoroalkylées — sont une vaste famille de composés chimiques de synthèse prisés dans l'habillement pour leur capacité à repousser l'eau, les huiles et les taches. Ils sont également persistants dans l'environnement et dans l'organisme humain, ce qui pousse les régulateurs à les cibler de manière croissante. L'interdiction française porte sur le produit fini et sur le traitement qui lui est appliqué : un traitement déperlant durable (DWR) sur un imperméable entre pleinement dans le champ d'application, et pas seulement les vêtements dont le tissu de base contient des PFAS.

Deux dérogations existent. Une fenêtre d'écoulement des stocks de 12 mois s'applique aux produits fabriqués avant le 1er janvier 2026, qui peuvent donc être vendus au cours de l'année 2026. Les équipements de protection pour les militaires et les sapeurs-pompiers sont exemptés, en l'absence d'alternatives sans PFAS viables pour ces usages. L'interdiction s'élargit ensuite considérablement : à partir du 1er janvier 2030, elle couvre l'ensemble des textiles, y compris les textiles d'ameublement tels que la sellerie, les rideaux et le linge de maison.

La France n'agit pas seule. L'UE travaille sur une restriction universelle des PFAS dans le cadre du règlement REACH, avec un avis attendu du comité SEAC de l'ECHA aux alentours de fin 2026. Cette restriction n'est pas encore adoptée, et son périmètre et son calendrier restent ouverts. Quoi qu'il en soit, se mettre en conformité avec les exigences françaises sur les PFAS dès maintenant, c'est anticiper ce que l'UE s'apprête probablement à imposer, plutôt que de s'engager dans une impasse nationale.

L'application est assurée par la DGCCRF, l'autorité française chargée de la protection des consommateurs et de la concurrence. Les produits non conformes peuvent être retirés du marché, et des amendes s'appliquent en droit national.

Une déclaration de présence ou d'absence de PFAS est également un champ fortement candidat pour un Passeport Numérique de Produit textile : collectée une seule fois auprès des fournisseurs, elle sert à la fois à l'interdiction française et à votre jeu de données DPP.

L'interdiction des PFAS s'applique-t-elle aux vêtements importés ?

Oui. Parce que l'interdiction couvre la fabrication, l'importation et la vente, un importateur ou un vendeur étranger en ligne qui met sur le marché français des vêtements ou des chaussures contenant des PFAS est soumis aux mêmes obligations qu'un fabricant français. Il n'existe aucune dérogation pour les produits fabriqués à l'étranger. L'obligation se rattache à l'acte de vente en France.

Les vendeurs étrangers et les importateurs sont concernés. Que vous importiez en France ou que vous expédiiez directement à des clients français depuis l'étranger, l'interdiction des PFAS s'applique. Le critère déclencheur est la mise sur le marché français, non le lieu d'établissement de votre entreprise ou le pays de fabrication du vêtement. Les places de marché et le commerce électronique direct sont tous deux dans le champ d'application.

Comment fonctionne la REP textile en France ?

La France dispose d'une REP textile obligatoire via la filière Refashion depuis 2007. Toute personne vendant des textiles en France — française ou étrangère, grande ou petite — doit s'enregistrer auprès de Refashion et acquitter des éco-contributions pour la fin de vie des produits. Ce dispositif est opérationnel aujourd'hui, avec plusieurs années d'avance sur le déploiement européen (environ avril 2028) prévu par la Directive-cadre sur les déchets révisée. La France impose également le logo Triman accompagné de la consigne de tri Refashion sur les produits, pour informer les consommateurs sur les modalités de collecte. Pour les définitions de producteur, le fonctionnement de l'écomodulation, les niveaux de contribution et le calendrier européen 2028, consultez notre analyse complète de la REP textile européenne.

Qu'est-ce que le coût environnemental ?

Le coût environnemental est le score de « coût environnemental » fondé sur l'analyse du cycle de vie (ACV) pour les vêtements, instauré par le Décret 2025-957 du 6 septembre 2025. Les marques peuvent auto-publier leur score depuis le 1er octobre 2025. Le score est calculé à l'aide d'Ecobalyse, le calculateur officiel du gouvernement français — précisons qu'Ecobalyse est l'outil de calcul, non le nom du label : le score lui-même ne doit jamais être appelé « Ecobalyse ».

Le périmètre est précis : 11 catégories de vêtements (habillement). Sont exclus : les chaussures, les accessoires, la maroquinerie, et les articles dont la part non textile dépasse 20 % de la masse. Un article très orné ou comportant beaucoup de quincaillerie peut donc échapper au score tout en restant soumis à l'interdiction des PFAS, à la REP et à la divulgation AGEC. Dans ce périmètre, le dispositif s'applique à tous les producteurs, importateurs et distributeurs mettant des vêtements textiles sur le marché français, quelle que soit leur origine ou leur taille. L'application relève là encore de la DGCCRF.

Le score se présente sous la forme d'un chiffre unique de coût environnemental, calculé à partir d'une analyse complète du cycle de vie du vêtement. Il est construit à partir d'attributs produit réels, et non d'une auto-notation déclarative : votre résultat ne vaut que ce que valent les données qui le fondent. C'est la raison pour laquelle il vaut mieux le calculer soi-même plutôt que de laisser des hypothèses par défaut s'y substituer.

Pour se préparer : calculez votre propre score via l'outil Ecobalyse avant qu'un tiers ne le fasse, et rassemblez les données ACV dont il a besoin — composition en matières, masse du produit, pays d'origine et traitements de finition. Ce score repose sur les mêmes données ACV, matières et chaîne d'approvisionnement qu'un Passeport Numérique de Produit ; ainsi, les données collectées pour un DPP alimentent directement le calcul.

Le score de coût environnemental est-il obligatoire ?

Cela dépend — et c'est là que les marques se trompent le plus souvent. Le score est volontaire à calculer : il n'existe aucune obligation générale de le calculer et de l'afficher. Deux situations font toutefois évoluer cette règle pour certaines marques. Premièrement, à partir du 1er octobre 2026, tout tiers (une ONG, un journaliste ou un concurrent) peut calculer et publier le score d'un vêtement à partir des données par défaut, après quoi la marque dispose d'un mois pour répondre avec son propre score. Deuxièmement, l'affichage devient obligatoire uniquement pour une marque qui effectue déjà une autre allégation environnementale — une marque qui affiche déjà une empreinte carbone, par exemple. Ce déclencheur « autre allégation environnementale » s'articule directement avec les règles européennes sur les allégations environnementales : toute marque qui fait déjà des allégations de durabilité doit traiter le score comme effectivement obligatoire.

Calculez votre score avant qu'un tiers ne le fasse. Même si le calcul du score est volontaire, le droit de publication par des tiers ouvert au 1er octobre 2026 signifie qu'une marque qui ne fait rien peut tout de même se voir attribuer un score calculé à partir de données par défaut — avec un seul mois pour répondre. Calculer son propre score en premier, avec les données réelles de ses produits, permet de garder la main sur le résultat.

Qui doit se conformer en vendant des textiles en France ?

Les trois règles — ainsi que la loi AGEC — sont basées sur le marché et indifférentes à l'origine. Le critère déclencheur est la mise d'un produit sur le marché français, non le lieu d'établissement de l'entreprise ou le lieu de fabrication. Les importateurs, les places de marché en ligne et les vendeurs étrangers en e-commerce qui expédient directement à des clients français sont tous concernés. La taille de l'entreprise ne crée aucune exemption : une petite marque étrangère qui vend une poignée de vêtements en France supporte les mêmes obligations qu'un grand fabricant français.

Comment les règles textiles françaises s'articulent entre elles

La France superpose des règles nationales sur les textiles au socle européen DPP/ESPR — et tend à avancer avant le reste du bloc. Elle constitue ainsi un aperçu utile de la direction prise par la réglementation textile européenne. Le fil conducteur de l'ensemble est la donnée produit.

Une quatrième règle française l'illustre concrètement. La loi AGEC (Décret 2022-748) impose déjà de divulguer le pays de tissage ou de tricotage, le pays de teinture ou d'impression, et le pays de confection d'un textile. C'est l'une des règles nationales en vigueur qui se rapproche le plus des données de traçabilité d'un Passeport Numérique de Produit. L'interdiction des PFAS pointe dans la même direction : se mettre en conformité dès maintenant, c'est aussi devancer la restriction REACH européenne encore en cours d'élaboration. Prises ensemble, ces règles avantagent les marques qui traitent la donnée produit comme une infrastructure plutôt que comme de la paperasse — collecter une fois, structurer, réutiliser. C'est la même logique que celle d'un Passeport Numérique de Produit pour les marques de mode.

Questions fréquentes

L'interdiction française des PFAS s'applique-t-elle aux vêtements importés ?

Oui. L'interdiction française des PFAS (Loi 2025-188 et Décret 2025-1376) prohibe la fabrication, l'importation et la vente de vêtements et chaussures contenant des PFAS mis sur le marché français depuis le 1er janvier 2026. Parce qu'elle couvre l'importation et la vente, les fabricants étrangers, les importateurs et les vendeurs en e-commerce qui expédient vers la France sont soumis aux mêmes obligations que les entreprises françaises. Le critère déclencheur est la vente en France, non le lieu de fabrication du produit.

Qu'est-ce que le coût environnemental ?

Le coût environnemental est le score de coût environnemental basé sur l'analyse du cycle de vie (ACV) pour les vêtements, instauré par le Décret 2025-957. Les marques le calculent avec Ecobalyse, le calculateur officiel du gouvernement français — Ecobalyse est l'outil de calcul, non le label. Il évalue l'impact environnemental d'un vêtement à partir de données telles que les matières, la masse, le pays d'origine et les traitements, et s'applique aux vêtements mis sur le marché français.

Le score de coût environnemental est-il obligatoire en France ?

Pas comme règle générale. Le score est volontaire à calculer. Toutefois, à partir du 1er octobre 2026, tout tiers peut calculer et publier le score d'un vêtement à partir des données par défaut, après quoi la marque dispose d'un mois pour répondre avec son propre score. Par ailleurs, l'affichage devient obligatoire uniquement pour les marques qui effectuent déjà une autre allégation environnementale, comme l'affichage d'une empreinte carbone.

Le coût environnemental couvre-t-il les chaussures ?

Non. Le coût environnemental couvre 11 catégories de vêtements (habillement) uniquement. Les chaussures, les accessoires, la maroquinerie et les articles dont la part non textile dépasse 20 % de la masse sont exclus de son périmètre. Les autres règles françaises — l'interdiction des PFAS, la REP textile et la divulgation AGEC — ont un champ d'application plus large, y compris les chaussures : un produit hors périmètre du score peut donc rester soumis aux trois autres obligations.

Ai-je besoin d'un Passeport Numérique de Produit pour me conformer aux règles textiles françaises ?

Non. L'interdiction des PFAS, la REP textile, le coût environnemental et la divulgation AGEC sont des règles nationales distinctes dotées de leurs propres bases juridiques, et un Passeport Numérique de Produit n'est pas légalement requis pour les satisfaire. Mais les mêmes données produit — composition en matières, origines dans la chaîne d'approvisionnement et données ACV — répondent à toutes ces obligations. Collecter ces données une seule fois pour un DPP sert aussi les règles françaises : les deux se renforcent mutuellement.

Les règles textiles françaises reposent toutes sur les mêmes données produit. PassportCraft aide les marques à collecter une seule fois leurs données matières, chaîne d'approvisionnement et ACV, et à les réutiliser pour répondre à leurs obligations de conformité. Découvrez comment un Passeport Numérique de Produit pour les marques de mode s'inscrit dans cette démarche.

Cet article est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique. Vérifiez vos obligations actuelles auprès des décrets et lois français applicables et consultez un conseiller qualifié avant de vous appuyer sur cet article pour des décisions de conformité.

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